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L’humain pour être productif et efficace doit pouvoir souffler et faire des pauses après des temps d’efforts. Cela est vrai dans le sport mais aussi aux niveaux intellectuel et mental.

Dans cet article, je mentionne volontairement, et de façon très directe, les conditions qui ont pu apparaitre dans le cadre des confinements et de situations de télétravail.

L’idée est d’essayer de débattre et de prendre conscience de nouvelles façons de voir le monde du travail et les conditions de certains salariés qui sont aujourd’hui en grande souffrance.

Si ce sujet vous touche, je vous invite à prendre quelques minutes pour lire cet article.

1/ Une crise aux effets collatéraux non négligeables

Une crise aux effets collatéraux

La crise sanitaire a malmené le monde économique et, avec celui des entreprises, la vie de nombreux salariés, cadres ou non.

Confinement imposé, nouvelle organisation à trouver, rythmes de vie chamboulés : même si elle a été révélatrice de nouveaux modes de travail possibles, la Covid19 aura eu son lot collatéral de stress, de charge mentale et de fatigue psychologique associée.

En étant plus à domicile, la limite entre champ personnel et professionnel s’est amenuisée.

De l’aménagement des espaces de vie pour les rendre viables au télétravail, aux réunions commençant plus tôt et s’éternisant le soir, aux réponses de mails sans fin, de nombreux salariés ont vu leurs journées s’allonger, et une part de leur vie personnelle grignotée par le monde professionnel.

Les habitudes ont pu changer car beaucoup ont trouvé pratique de pouvoir lancer une lessive entre midi et deux ou bien de sortir faire une petite course, allégeant ainsi les tâches domestiques généralement allouées au week-end… Mais est-ce que la charge mentale a véritablement diminué pour autant ? Est-ce que les conditions morales des salariés se sont réellement améliorées pour tous ?

La question mérite d’être posée en analysant le prisme de nouvelles pratiques qui ont vu le jour et qui n’ont pas toujours été favorables au bien-être humain. En voici quelques-unes que je trouve intéressantes à questionner, même si j’ai conscience que toutes les entreprises et les secteurs d’activité ne seront pas concernés par ces points de vigilance.

  • La « réunionite aigue renforcée » où comment garder absolument une forme de lien social, grâce aux multiples visioconférences dans une journée

Les réunions déjà naturellement nombreuses et longues dans certaines entreprises, ont vu pour certaines leur fréquence s’intensifier.

Quand on sait que le cerveau humain ne peut pas rester concentré plus de 45 minutes d’affilée, et qu’au bout de 90 minutes il décroche totalement, se pose la question de l’efficacité de ce format de réunions et de l’épuisement nerveux qui en résulte pour ceux qui y participent.

Ne sont d’ailleurs pas rares les salariés qui pratiquent les « doubles tâches » lors de ces réunions obligatoires, pour faire face aux délais des missions à réaliser. La fatigue engendrée par le fait de mener de front différentes tâches à la fois n’en est que plus importante à l’issue de leur journée.

 

  • Les « journées à rallonge », avec des réunions ou demandes fixées plus tôt ou plus tard dans la journée, par rapport à la disponibilité apparente des salariés, posant la question du réel temps de déconnexion.

 

Le temps continu de travail, qui s’étale sur des plages horaires extensibles, questionne sur l’allégement de la charge mentale pour certains salariés. La dérive du temps professionnel sur le temps personnel, avec le besoin d’une gestion logistique et domestique du foyer, entraine un renforcement de la charge mentale de nombreux d’entre eux. Charge d’autant plus forte quand le foyer compte également des enfants. A noter la grande détresse de nombreux parents quand la « classe à la maison » est venue s’installer en plus du travail professionnel et des tâches domestiques à réaliser.

 

  • Une forme de « surveillance des connectés», ou comment la vérification de la présence en entreprise s’est transformée en sorte d’« observation digitale ».

En télétravail, le seul signal de présence du salarié est son « mode  digital » : présent, absent, ne pas déranger…selon les systèmes utilisés. Dans certaines équipes ou entreprises, il n’était pas rare d’entendre : « il ou elle est là aujourd’hui ? » «  Tu l’as vu connecté(e) ? » « Jamais connecté avant 10h celui-là »…le digital devient dès lors stressant pour tous les salariés, dès qu’il se teinte d’une forme d’observation et de manque de confiance de la part de la hiérarchie ou de l’équipe d’appartenance. Le lien social en prend un coup également.

 

  • Un renforcement du « tout digital » par les outils mis en œuvre pour mieux communiquer (Teams, Zoom, et autre système collaboratif) et rester en contact, remettant en question le temps de pause visuelle et la récupération nerveuse.

Une étude a démontré que les salariés avaient de plus en plus de mal à se voir eux-mêmes en visioconférence. Au fil du confinement les caméras vidéo se sont progressivement coupées en faveur d’un simple échange de voix. Alors certes quand les salariés ne sont pas dans l’entreprise, la caméra reste un mode de contact visuel, mais à trop se connecter tout le temps cette vision est devenue pour certain(e)s très pénible, anxiogène et source de mal-être profond.

S’y couple une fatigue visuelle du « trop d’écran » ne permettant plus aux yeux des temps de repos nécessaires. Le résultat : des maux de tête, la sensation des yeux secs associés aux possibles douleurs musculosquelettique en lien avec de mauvaises postures adoptées en télétravail.

2/ Des enseignements à en retirer : faire des pauses et savoir décrocher

Enseignements à retirer

Le télétravail n’a pas que des dimensions négatives, puisque sur le fond, il a démontré qu’une flexibilité dans les approches de travail pouvait se mettre en place, renforçant l’autonomie des salariés.

Si le télétravail est favorable aux tâches de fond, où la concentration et une forme d’isolement sont nécessaires, il a cependant montré des limites et sa fragilité par rapport aux cohésions d’équipes, aux liens sociaux réels et surtout à la faculté de « déconnecter » pour faire des pauses.

Il a mis en exergue, lors du paroxysme des confinements, que trop de « continu » et de digital ne rendaient pas les salariés plus heureux car de nombreux effets collatéraux ont été démontrés par différentes études : fatigue mentale, stress supplémentaire, journée à rallonge, perte de lien social et avec l’entreprise.

Pour qu’il puisse mieux coexister avec une flexibilité « présentielle », il ne doit pas partir dans des dérives de « mauvaise gestion du temps ».

Les managers et responsables doivent être conscients et soucieux du stress généré par cette dimension « connexion permanente », dont certains souffrent également.

La culture de la « pause mentale », comme physique (se lever pour se mettre en mouvement) se devrait d’être cultivée en entreprise, comme une véritable valeur pour le mieux-être des salariés.

Un être humain pour être efficace, productif et bien dans sa peau doit pouvoir :

  • Faire des pauses et décrocher toutes les 45 minutes, pour que son cerveau reste capable de concentration.
  • Changer de modes d’interaction toutes les 20 minutes au risque de perdre le fil dans ses activités et son intérêt : échange téléphonique, échange de mails, mini-réunions, écoute dynamique. De nombreuses solutions et modalités d’interaction méritent d’être analysées pour être mises en pratique
  • Respecter sa limite personnelle, et définir un seuil à partir duquel la journée est terminée : finie la connexion sans fin et les écrans de smartphones à portée de main en soirée. Des limites horaires doivent réellement être mises en pratique et non juste énoncées. Un mail ne devrait pas arrivé tard dans la nuit et les réunions ne devraient pas démarrer à partir de 17h30.

 

Pas toujours évident dans le monde professionnel me direz-vous ?

Certes mais c’est de la responsabilité des managers et des Directions de réfléchir à des nouvelles organisations respectueuses de l’humain, car sans homme une entreprise ne peut plus avancer !

 ATALIGNE accompagne de nombreuses personnes sorties d’un burn-out ou le frôlant : autant de situations de souffrance, bien souvent liées à des contextes de travail et des conditionnements d’entreprises qui ont du mal à trouver un bon dosage.

 Je serai contente d’échanger avec vous sur ces problématiques d’équilibre de vie professionnelle et personnelle en situation de télétravail et de « confinement ».