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Le regard des autres est important puisqu’en tant qu’être social nous avons besoin de l’attention et de l’intérêt des autres pour exister.

Michel Tournier dans son livre « Vendredi ou les limbes du Pacifique » le démontre au travers de l’exemple de Robinson qui se désociabilise une fois isolé. Ceci pour expliciter que l’être humain, ses comportements et ses ressentis n’existent qu’au travers de ses relations avec les autres et de leurs regards.

Vouloir s’affranchir totalement du regard des autres est donc impossible en tant que tel.

Mais que faire quand le regard, et plus largement le jugement des autres, devient bloquant, voire paralysant ?

Il est crucial d’en comprendre l’origine et les causes, car en réalité, le véritable blocage handicapant vient souvent d’une peur d’être jugé(e) voire rejeté(e), nourrie d’un sentiment de ne pas être à la hauteur qui a germé dans la petite enfance.

1/ A l’origine, tout n’est que transmission

Devenir parent n’est pas toujours une évidence, et l’éducation, même si elle est inspirée de nombreux principes et apprentissages transmis, n’est pas une science exacte.

En ce sens, les relations d’un parent avec son enfant lui sont propres, uniques, différentes et nourries d’histoires personnelles variées.

C’est au travers de sa propre confiance en lui que le parent sera en mesure de la transmettre à son enfant et ainsi d’établir une relation sécurisante.

De nombreuses configurations familiales sont parfois difficiles, menant à un climat peu réconfortant pour l’enfant qui grandit :

  • Un parent anxieux qui transmet son angoisse ou qui assume mal son nouveau rôle du fait de son histoire personnelle (manque de lien avec sa famille, problématique d’attachement difficile, histoire familiale douloureuse…)
  • Un couple séparé ou en pleines tensions lors de l’arrivée de l’enfant
  • Des problématiques de dépression, de tristesse post partum du côté maternel
  • Des parents isolés qui ont du mal à vivre le changement de vie lié à l’arrivée d’un enfant et qui ne le rassurent pas dans les messages transmis ou dans les signaux affectueux émis.
  • Un environnement stressant du fait de conditions matérielles difficiles.
  • Des parents perfectionnistes, rigides, autoritaires qui ont véhiculé des carcans exigeants et plus de règles que de confiance.

Quelle que soit la situation vécue, l’enfant, telle une éponge, va ressentir toutes les énergies et messages qui lui sont transmis.

Ainsi quand les bases d’une bonne confiance en soi n’ont pas été installées, l’enfant devient un adulte manquant d’estime de lui et qui accordera beaucoup (trop) d’importance au regard d’autrui.

Du fait d’un socle instable il aura été nourri très tôt de la peur de décevoir, d’être jugé(e), d’être critiqué(e), de ne pas être à la hauteur des situations rencontrées. Ce sont ces peurs qu’ils ressentira à chaque confrontation avec les autres, par rapport à ses expériences de vie, qui se révèleront bloquantes parfois totalement paralysantes.

Et bien plus que le regard ou les jugements extérieurs des autres, ce sont ses propres petites voix intérieures qui se mettent en action pour renforcer ce mécanisme de peur.

Au fil du temps, les croyances, les petites phrases entendues et ruminées ont créé un filtre sur sa propre vision de lui-même. Il est souvent son juge le plus critique.

Quand on comprend cela on touche au nœud du problème. Une des clés pour mieux vivre le regard des autres, est qu’il est nécessaire de mieux s’accepter et de s’apprécier soi-même ! Tout part de là.

2/ S’accepter tel que l’on est et s’aimer davantage

Faire un travail sur sa propre estime de soi, sur l’image construite au fil du temps aide considérablement à avancer et à mieux supporter le quotidien.

Je vous partage 3 petites expériences qui peuvent vous aider à mieux vivre avec le regard des autres, qui ne disparaitra pas, mais sera moins bloquant !

  • Travaillez votre estime par l’analyse personnelle de votre image factuelle

Avant de vous soucier de l’avis d’autrui, prenez en compte votre propre opinion basée sur des faits et non des ressentis.

Listez au plus loin de vos souvenirs toutes vos qualités, vos réussites, vos faiblesses et dressez un portrait réaliste de vous-même, dénué de tout jugement extérieur.

Petit exemple : Lorsqu’elle était petite, Lucie aimait dessiner. Ses dessins qu’elle aimait et qu’elle trouvait jolis, étaient parfois affichés par ses parents. Puis un jour un de ses amis lui a dit « Ils sont pas terribles tes dessins »… Du jour au lendemain, Lucie a abandonné immédiatement ses mini créations. Elle n’a plus dessiné et s’est alors considérée comme non créative, nourrie de cette croyance : « Quand on ne sait pas dessiner on n’est pas créatif».

Au travers de ses expériences personnelle et professionnelle elle a trouvé de nombreuses solutions pour avancer dans l’existence, des chemins que certains n’auraient jamais trouvé car nouveaux ou originaux….Une forme de créativité en quelque sorte !

Morale de cette histoire : Lucie est finalement une créative qui s’est longtemps ignorée, et qui l’a exprimé différemment.

  •  Acceptez d’écouter vos petites voix pour mieux les comprendre

Laissez libre cours à toutes les messages qui ont ponctué votre enfance, adolescence et vie d’adulte par rapport à différents sujets : vos compétences, l’argent, la vie, ….Prenez le comme un jeu et soyez le spectateur de ces petites phrases toutes faites qui ont forgé votre vision de la vie

Autre petite histoire : Paul a longtemps entendu son père lui dire « Un homme ça ne pleure pas »…Résultat quand il sent l’émotion le gagner, il se contient, pour inconsciemment, ne pas décevoir son père. Aujourd’hui il renvoie l’image d’un homme insensible que rien ne touche…Et si au fond la carapace ne demandait qu’à céder ? Prendre conscience de l’impact des paroles de son père sur son propre comportement l’aiderait à s’en sortir !

  • Prenez le temps d’écouter les autres et de les observer

Chaque humain est souvent centré sur sa propre expérience et sur sa propre histoire personnelle. Dans votre relation aux autres, prenez réellement le temps d’écouter les propos des autres, sans les prendre pour vous. Observez les traits et expressions de vos interlocuteurs pendant l’échange.

A trop avoir peur du regard des autres, on oublie souvent d’écouter et d’observer réellement l’autre et la relation perd de sa qualité.

En réalité vous n’avez pas un « ennemi » face à vous mais une personne avec ses propres croyances et ses possibles « démons ».

Par la pratique, vous prendrez du recul et finirez par ne plus attacher autant d’importance au jugement de l’autre.

Un exercice qui aide à prendre conscience de l’écoute de l’autre est la technique de la « prise de note ». Sur la base d’une conversation anodine, exercez-vous à noter à chaud ce qu’on vous dit. Avez-vous réellement été à l’écoute de l’autre ? Avez-vous interprété ce qui a été dit ? C’est un excellent exercice, drôle à faire et qui offre des résultats étonnants.